Bonheur d'occasion
Samedi j’ai repris la route. J’avais mon petit projet en tête, ma destination à atteindre.
J’ai beau habiter Sherbrooke, la reine des Cantons de l’Est depuis plus de 15 ans, je m’émerveille encore devant la beauté des alentours.
L’autoroute connecte bien les points principaux sur la carte, mais j’aime beaucoup passer par la route secondaire, les rangs, les chemins de terre. Pour voir les granges abandonnées. Pour me perdre dans l’horizon des champs. Pour admirer les arbres centenaires qui forment parfois des arches qui encadrent bien les petits chemins de campagne.
Samedi, j’ai eu les conditions idéales pour partir. La météo ET mes jambes étaient d’humeur joyeuse! Je le prends quand ça passe!
J’avais réservé “mon” véhicule sur la plateforme d’autopartage Communauto, je l’avais pour une grande partie de la journée, assez pour faire ma petite escapade sans trop exagérer sur ce que ma réserve d’énergie me permettait! Comble de bonheur, le plein avait été fait par l’utilisateur précédent. Je me suis sentie comme une Reine des Cantons à mon tour.
J’ai le bonheur facile.
Le bonheur d’occasion (allo madame Gabrielle Roy).
Le bonheur sincère.
Je n’ai pas réinventé la roue. Je n’ai pas fait quelque chose d’extraordinaire samedi. J’ai conduit une heure.
Me suis posée dans un café.
Non, avant le café, j’ai tourné en rond pendant 15 minutes pour me trouver un stationnement accessible. J’ai même fait un stationnement en parallèle. Juste ça, j’étais due pour des vacances ;-)
Je me suis posée dans un joli café-librairie. C’est vraiment mon genre d’endroit. Quelqu’un voudrait me kidnapper, ce serait un excellent moyen de m’attirer sans que je pose de question. (Ceci n’est pas une invitation à ce qu’on m’enlève, juste pour être claire).
J’ai goûté une nouvelle boisson, j’ai écrit dans mon cahier avec mon nouveau stylo-plume. J’ai bouquiné. Me suis déniché un livre sur les traumas (très romantique, je sais).
Je n’avais pas prévu bouger, mais avec ma saga du stationnement, un espace disponible que pour 2 heures, j’ai continué à jouer la touriste dans la région et je suis arrêtée manger dans une microbrasserie!
J’écris tout ça ici pas parce que je souhaite donner une tangente “découvertes et trésors cachés de la région” à mon Substack.
Je vous partage tout ça, car je suis enchantée de constater à quel point je cultive et entretiens mon bonheur. Je crois que c’est quelque chose de précieux.
Je ne vous mentirez pas. Mes réseaux sociaux m’envahissent de séquences vidéos courtes et rythmées de voyage au Portugal, en Grèce, en Californie. De villa qui ont 3 piscines, de festival ou de concerts aux billets pas achetables.
Je ne démoniserai pas tout ce que j’ai énuméré plus haut. Ça me fait envie, c’est vrai. Des obstacles physiques ne me permettent pas d’aller trop loin. Des décisions financières sages (plates selon certains) m’amènent à faire des choix.
Au fond, je pense avoir le bonheur facile. Je n’ai pas absolument besoin des grands luxes qu’on vend comme la normalité où ce qu’il faut absolument atteindre pour enfin atteindre cet état de bonheur si désiré.
Samedi, après le repas, j’ai ramené chez moi mes restes de parts de pizza dans une boite. Je suis passée à la boutique et j’ai ramené 4 IPA que j’aurai plaisir à déguster sur mon balcon illuminé.
Je continuerai de trouver des occasions à mon bonheur.




J'aime te lire.
Il y a une fraîcheur dans ce texte. Une brise de liberté.
Un air d'été (bonjour Pierre Bertrand).
On le sent, ton bonheur.
Et ça, c'est cool.
Les Cantons de l'Est, c'est un des plus beaux endroits au monde! On a un moment rêvé de s'y installer, plus au sud où l'anglais se parle et s'entend, mais ce serait s'éloigner des gens qui ont, pour le moment, encore besoin de ma présence ici. Ensuite, il sera peut-être trop tard... mais on s'y rend régulièrement au moins une fois par été, souvent pour le Tour des arts. T'as une belle chance de pouvoir t'évader pour quelques heures, quelques jours sans t'éloigner trop de ton port d'attache. Profites-en bien!